ESCULAPE.COM
 

PAROLES DE MEDECINS

QUOI DE NEUF ?

Nouveaux articles, nouveaux sites, nouveaux dialogues

 


LIVRES
sur la dépression
 
Pour tout savoir sur la dépression et ses traitements, sans oser le demander, une liste de 90 ouvrages disponibles en français 

 

VI. L'avenir et les changements que l'on peut attendre dans le domaine de la dépression et de ses traitements.

PAS OU PEU DE GRANDS CHANGEMENTS 

Des changements radicaux non, non, des changements oui. Moi par exemple je fais partie d'un réseau Santé Mentale où justement le fait de mieux articuler des rapports entre différents professionnels de santé mentale, c'est quand même un changement important. Non, rien dans les changements notables.

Non, je ne vois pas tellement de changements d'autant plus que je lis relativement souvent et donc à partir du moment où il y a un changement ou disons soit une information ou une amélioration évidemment on est en droit de l'appliquer.

Des changements radicaux, là je n'ai pas beaucoup d'avis, des changements radicaux là je ne sais pas, peut-être que surtout qu'on a déjà pas mal connu de changements donc tous les traitements actuels sont assez satisfaisants, alors est-ce que effectivement il va y avoir des changements radicaux, je ne suis pas sûr parce que les changements radicaux ils pourraient éventuellement exister que dans une prévention mais je ne la vois pas bien et c'est tout, sinon je n'ai pas d'avis précis.

Dans les domaine de la dépression, je ne suis pas au courant, je ne demande qu'à voir, moi j'attends depuis longtemps le bonheur partagé, tous ceux qui auraient des problèmes qui pourraient être pris en charge, éviter les drames, éviter les deuils, éviter les accidents de la route, il y a des campagnes assez sévères, allez dire à un gars ou des parents ou  n'importe qui, qui a perdu un être cher dans un accident de la route, allez lui dire de redevenir heureux. Allez dire à un déporté de la guerre 39-45 qui est sortir des camps, essayer de lui faire comprendre qu'on peut être heureux sur cette terre, c'est très difficile pour eux. Alors est-ce que tout ça on pourra le changer, je ne le crois pas.

C'est essayer de relier un phénomène mental à un phénomène biochimique, vu la complexité de l'être humain et des récepteurs et autres vecteurs, moi je n'y crois pas, je ne pense pas qu'on aura une révolution au sens où une infection, on peut avoir une révolution, quand la pénicilline est arrivée, c'était une révolution, je pense que sur la dépression on aura pas ça, par contre on aura  peut-être des médicaments qui soulageront mieux les patients, qui seront mieux tolérés, donc qui seront effectivement bénéfiques aux patients, ça c'est clair. Je veux dire vous mettez quelqu'un sous Anafranil pendant trente ans, vous savez pertinemment qu'avec ce qu'il a vécu, un exemple très simple, les soldats français qui étaient en Algérie, les trois quarts soit ils boivent, soit ils sont dépressifs et si ils boivent c'est qu'ils sont dépressifs. Ceux-là si ils souffrent et que vous commencez à les traiter, vous savez pertinemment que vous ne les sortirez pas de leur vécu, leur vécu vous pouvez leur faire la psychothérapie que vous voulez, ils n'en sortiront pas et qu'à partir de là vous allez mettre un traitement qui va être advitam eternam, si le patient est soulagé qu'il se sent bien avec il le prendra régulièrement, donc ce traitement là, le but c'est qu'il soit, qu'il est le moins d'effets secondaires.

Je ne vois pas tellement de nouveautés possibles si ce n'est, si on appelle les IRSNA une nouveauté, soit, mais pour moi ce n'est pas une nouveauté, on va tripoter entre les molécules pour pouvoir agir sut tel ou tel neurone.

Pas de changements radicaux à ma connaissance, je ne suis peut-être pas très au courant de l'actualité, mais je ne vois rien venir d'extraordinaire.

Je n'attends pas de révolution, je ne vois pas de révolution dans les années qui viennent. , Des changements radicaux, je ne pense pas. Mais bien sûr il y a toujours les progrès thérapeutiques.

  Des changements radicaux je ne pense pas, au niveau molécule je n'ai pas entendu parler de nouvelles molécules qui soient de classes nouvelles, mais au niveau prise en charge ça dépend un peu des médecins, peut-être oui, si les médecins sont mieux préparés et prennent plus de temps d'écouter leurs malades, je pense que ça ne peut qu'améliorer la prise en charge des

En terme de santé publique, en terme d'amélioration de la santé des gens, je ne crois pas, je ne m'attends pas qu'il y ait des progrès majeurs parce que il y a le vrai dépressif accidentel, si j'ose dire, et après il y a les cas de personnalité pathologique.

Je ne pense pas qu'il y aura de changements radicaux, non, à mon avis non.

Je ne pense pas qu'il y ait des changements radicaux, il est possible que peut-être on arrive un jour à des molécules qui amélioreront l'humeur d'une façon quasi immédiate comme le font les tranquillisants qui en font tout leur succès. Pour le moment notre gros problème c'est qu'il faut toujours, malgré les prétentions de tel ou tel produit, attendre un mois, un mois et demi pour que nettement il y ait quelque chose qui se fasse et même le plus souvent c'est le troisième mois quand on s'aperçoit qu'on a fait du bien, alors qu'avec un verre de whisky ou avec un comprimé de Lexomyl encore une fois, dans les minutes qui suivent on a l'effet. C'est peut être ça qui peut se passer, mais sinon sur le reste je crois qu'on a des produits qui sont assez efficaces pour les dépressifs que je vois.

CHANGEMENTS

  Après il y a tout énorme danger de la chosification du cerveau humain à des fins à la fois commerciales et de pouvoir parce que les deux, je crois, sont assez liés finalement, et puis là vous aurez 90% des gens qu'on peut transformer si ce n'est en zombie du moins…, au niveau d'esclaves et ça c'est un danger absolument énorme, mais il y aura toujours des gens pour vaincre et pour lever le drapeau de la révolte!! Je ne suis pas très, très inquiet en fait. Je trouve qu'il y a beaucoup de gens qui réfléchissent pas mal. Mais ça va être enthousiasmant parce que ça va nous nécessiter encore plus de technicité, une très bonne compréhension des molécules qu'on va nous proposer et tout ça, ça va être très, très intéressant.
Après sur le plan physico-thérapeutique, est- ce qu'on va vraiment avancer, globalement là pour moi c'est une inconnue, je n'en sais rien. Je sais que moi je vais avancer en tant que personne, il y a des choses que je fais ces trois dernières années que je ne  faisais pas, alors moi je sais que j'ai encore énormément de choses à apprendre de la personne. Mais sur le plan global humain je crois qu'il y a quand même énormément de choses qui ont été dites depuis Aristote.

  Je pense que les traitements sont au tout début leurs balbutiements de leurs efficacités, de leurs effets et je pense qu’il va y avoir de nouvelles classes qui vont apparaître qui seront plus performantes mais là ça demande une compréhension neurobiochimique du cerveau et donc trouver des nouveaux médicaments des neuromédiateurs disons qui tombent au bon endroit et là je crois qu’on est là tout au début, il me semble, moi je dis ça d’une façon un peu empirique mais je pense. Là actuellement ce n’est pas assez ciblé à mon sens.

  Par exemple les médicaments qu'on attend, oui sans doute c'est qu'ils Par exemple les médicaments qu'on attend, oui sans doute c'est qu'ils pourraient lutter contre tout ce qui favorise de toute façon la dépression comme le comportement toxicomaniaque, c'est vrai que si on pouvait résoudre ces problèmes, je sais qu'il y a un produit qui est sorti, c'est Glaxo qui a sorti un produit qui serait régulateur des encéphaliques pour éviter les pulsions qu'on a pour allumer une cigarette, ce serait formidable mais quand on voit les produits, les toxicomanes qui se présentent comme d'authentiques déprimés, on se dit qu'est-ce qu'il leur faut de plus comme produit, ils sont sous traitement substitutif de morphiniques, ils sont alcooliques en même temps, c'est lourd! A ce moment là on aimerait peut-être avoir un produit qui arrête ces trucs là, mais là on revient sur la nécessaire prise en charge psychothérapeutique parce que ces gens là ils ont vingt, trente, quarante ans et à quarante ans il y a du chemin à faire pour qu'il retrouve ses joies d'enfant.

 C'est vrai que si on pouvait résoudre ces problèmes, je sais qu'il y a un produit qui est sorti, c'est Glaxo qui a sorti un produit qui serait régulateur des encéphaliques pour éviter les pulsions qu'on a pour allumer une cigarette, ce serait formidable mais quand on voit les produits, les toxicomanes qui se présentent comme d'authentiques déprimés, on se dit qu'est-ce qu'il leur faut de plus comme produit, ils sont sous traitement substitutif de morphiniques, ils sont alcooliques en même temps, c'est lourd! A ce moment là on aimerait peut-être avoir un produit qui arrête ces trucs là, mais là on revient sur la nécessaire prise en charge psychothérapeutique parce que ces gens là ils ont vingt, trente, quarante ans et à quarante ans il y a du chemin à faire pour qu'il retrouve ses joies d'enfant.

Je pense que si la connaissance de la neurophysiologie progresse et je crois qu’elle va progresser parce que je crois que les neuromédiateurs vont apparaître de façon beaucoup plus spécifique, les récepteurs seront beaucoup mieux connus donc je crois qu’on aura des molécules qui cibleront plus tel ou tel objet de la dépression, tel ou tel paramètre si vous voulez parce que la dépression c’est un ensemble de symptômes donc les uns sont prédominants par rapport aux autres, c’est quelque chose d’assez général comme définition donc il faudra trouver des produits qui traitent tel symptôme par rapport à d’autres qui seront plus spécifiques, voilà ce que je pense, peut-être que je me trompe.

Je pense que nous allons assister à des changements radicaux, oui parce que le demi siècle à venir auquel j'espère avoir la chance de participer parce que ça va être enthousiasmant, c'est quand même le siècle de la neurologie, donc c'est clair. Donc sur ce plan là je crois que ce sont les anglais qui viennent de sortir, ils sont parvenus à dissocier l'effet anxiolytique  et l'effet hyperséronique des benzodiazépines, donc voilà le genre de révolution que l'on va vivre, arriver à lutter contre l'anxiété. Donc ça c'est un aspect des choses qui est enthousiasmant.

On aimerait bien, moi il y a une chose, moi j'ai posé la question d'ailleurs à Hantouche qui est un psychiatre et qui connaît bien tous ces problèmes de psychopharmaco et je lui disais mais enfin les neuropetides on ne s'en sert pas, ces endomorphines tous ces trucs là, apparemment c'est quelque chose, il me dit non apparemment il n'y a pas vraiment de…, il ne semble pas qu'il y ait d'application pratique de ce type de produits, je ne sais pas où ça en est. Je pense que s'il y a une évolution thérapeutique médicamenteuse, peut-être qu'elle ira dans ce sens là, je ne vois pas tellement dans les antidépresseurs, on va certainement essayer de retravailler sur un neuromédiateur plus un autre, plus un autre, mais à mon avis ça ne change rien.. Ce qu'il peut y avoir de nouveaux ça peut être des produits, pour les produits centraux les effets secondaires on en a quand même déjà, ce sont des produits qui sont faciles à prendre., ce sont des produits relativement faciles à prendre.

Je pense qu’il y aura des changements au niveau d'abord de la connaissance peut-être biochimique ou pourquoi pas génétique de la dépression et puis ensuite au niveau des traitements médicamenteux qui deviennent très efficaces et avec le moins d'effets secondaires possibles.

Je crois qu'il y a des progrès qui devraient se faire parce que comme on ne répond pas à toutes les questions, il va falloir, il faut que ça change, comment, je ne sais pas, mais je crois qu'il y a une évolution dans le traitement que ce soit chimique ou autrement mais il y aura une évolution.

Des changements, il y a des améliorations c'est à dire que depuis quelques années, depuis une quinzaine d'années on constate quand même qu'il y a des nouvelles molécules et je suppose qu'il va y en avoir de nouvelles encore, mais je ne pense pas que ce soit un problème de…, on en est plus au stade de médicaments, je pense que le problème de la dépression si on veut que ça évolue il faut qu'il y ait autre chose, ce n'est pas qu'une prise de conscience au niveau société que de concevoir la maladie en tant que telle, qu'une prise de coller un médicament qui à mon avis apporte une bonne thérapeutique.

A mon sens oui je crois qu'on répond a une connaissance des mécanismes cérébraux qui est bien sûr bien meilleure que celle qu'on avait il y a une trentaine d'années et je pense qu'en cette matière les  progrès sont tout à fait importants et que il n'est pas interdit de penser que dans les dix années qui viennent on aura à notre disposition des molécules, des découvertes du fait d'autres mécanismes d'action mis en marche et effectivement je pense qu'il y aura certainement des progrès, à mon sens.

CHANGEMENTS : TOLERANCE, PUISSANCE…

  Améliorer, avoir une meilleure tolérance, qu'ils essaient d'améliorer le nombre de prises, essayer d'améliorer pour éviter qu'il y en ait trop, mais est-ce que il y aura de gros changements dans peu de temps, je ne sais pas. Je trouve que déjà en dix ans il y a eu énormément de changements. Je ne sais pas peut-être qu'il y aura encore des molécules encore mieux tolérées, des molécules encore plus ciblées.

Peut-être qu'avec les nouvelles molécules ce qu'on est entrain de travailler sérieusement parce que, moi je dis tout ça aux labos quand ils viennent me voir, c'est vrai qu'ils présentent des médicaments classés antidépresseurs, que ce soit le Prozac, le Seropram, tous les deniers sérotoninergiques, moi je veux bien, c'est vrai que c'est plus légers, les gens sont peut-être mieux, mais j'ai l'impression qu'il faudrait des dosages, les dosages ne sont pas suffisants, il faudrait taper un peu plus fort.

Deuxième chose, donc une posologie peut-être plus importante ou une concentration en tout cas plus élevée, mais sans en avoir trop d'inconvénients parce que on va se retrouver comme autrefois.

CHANGEMENTS PAR LA MENTALITE

  Je crois que c'est une évolution générale des humains entre eux au niveau de ce qu'on appelait l'inconscient collectif, je ne sais pas si on appelle encore ça comme ça. La tolérance des habitudes, la permissibilité de l'expressivité par rapport à telle époque. On pourrait peut-être améliorer et ça sous entendrez, mais il y aurait énormément de choses en même temps parce que c'est bien beau de dire améliorer le moral des gens par des traitements, il faut y aller sur le terrain, on a pas tous envie de jouer les sœurs Thérésa, de jouer les Saints Bernard, les Saints Bernard on l'a tous fait à titre individuel un jour ou l'autre, on a tous eu des gens, des histoires, des gens qu'on a accompagnés en se disant, en essayant de raccommoder, c'est véritablement ça, de raccommoder leur situation, en essayant de les aider un petit peu, de les sortir, de leur montrer la vie autrement. Moi j'ai personnellement un ami que j'ai vu comme ça; malgré tout ce qu'on a fait pour lui, on y a passé des heures et de l'énergie, ça a quand même abouti à un suicide, vous voyez, donc on a un échec et on ne pouvait pas remplacer sa femme qui ne voulait plus le voir, on ne pouvait pas remplacer l'abstinence alcoolique qu'il aurait dû observer, il y a parfois des expressions du comportement et là vous voyez on revient un peu aux problèmes comportementalismes que là aussi les américains ont tendance à mettre en évidence, c'est à dire, mettre les gens en situation et leur dire maintenant il faut marcher, il faut fonctionner, on va plus dans une description de l'être humain comme une espèce de machine qui est déréglée, et allons de l'avant et ne regardons pas trop le passé, ne soyons pas trop psychanalytiques. Ne serait ce que la diminution du chômage a fait diminuer les taux de dépressions nerveuses, je repense à mon ami effectivement ça me fait penser au chômage, ça a commencé par une perte d'emploi, un petit peu évidemment parce que il faudrait que l'employé par rapport au patron il ferme sa gueule, c'est comme ça, alors est-ce que il faudrait supprimer les patrons qui martyrisent les employés ou les empêcher d'employer les employés qui ne leur conviennent pas.

Oui, mais bon en dehors de ça il y a la misère quand même chez des gens qui ont beaucoup de moyens, ils ont aussi des problèmes psychologiques, qu'est-ce qu'on est, à quoi on sert?

  On a des antidépresseurs quand des gens arrivent chez nous ils disent :"j'ai un problème", on a toujours la pilule qui répond à son problème, pas forcément parce que je crois que dans la dépression il y a…, c'est une question de dialogue, de remise en perspective à travers l'entretien et de leur vie, les entretiens doivent servir à…, à ce qu'ils se voient comme dans un miroir et à partir de là de leur permettre de tirer une analyse positive et dans certains cas c'est difficile à…, peut-être que l'on a dans certains cas très difficiles des gens qu'on arrive pas à retourner en quelque sorte de la mauvaise humeur vers la bonne humeur, il nous manque des fois dans certains cas… Je vois bien je donne telle ou telle chose, ça va quand il ou elle n'a pas complètement sombré, il n'a pas énormément le sourire non plus et puis il ne sait pas corriger ses défauts.

Le changement le plus radical ce serait qu'on abandonne notre attitude judéo-chrétienne de maladies honteuses, voilà pour moi et dire que la dépression est une maladie comme une autre et j'ai beaucoup de mal à faire passer le message parce que pour les traitements ce n'est pas évident de dire à quelqu'un une dépression c'est une maladie comme une autre, "non c'est pas bien, ceci, cela", surtout que j'habite en rural, voilà. Donc voilà le principal obstacle dans le traitement de la dépression  que l'on rencontre à mon avis.

Moi je me tiens au courant de la littérature, je n'ai pas, enfin à ma connaissance de notions de changements radicaux pour le moment, enfin à ma connaissance. Peut-être alors s'agit-il de spécialistes, je ne connais pas pour le moment, nous avons si vous voulez une ligne de traitements, je crois que globalement ça marche, c'est efficace en général.

Non parce que je crois que le problème ce n'est pas, le problème c'est qu'on ne guérira jamais quelqu'un d'une dépression avec des médicaments. Le médicament moi je compare toujours ça à une jambe cassée, quelqu'un qui a une jambe cassée, il a mal à sa jambe et c'est handicapant jusqu'à que sa jambe soit cicatrisée, le jour où elle est cicatrisée il ne prend plus de calmant, malheureusement s'il cicatrise mal il prendra des calmants à vie. Chez le dépressif c'est pareil, le dépressif s'il n'est pas arrivé à guérir de sa dépression, à ce moment là, la dépression c'est un phénomène mental, psychologique, c'est un mal de l'esprit et ça ce n'est pas un médicament qui permettra de régler ses problèmes et ce n'est pas de fonctionnement et de sa façon de réagir à un stress, donc l'antidépresseur ne sera jamais qu'un antalgique du moral, moi c'est comme ça que je le vois, donc à ce titre là on aura pas de révolution. On va vers des molécules de mieux en mieux tolérées, des molécules qui sont efficaces, qui ont peu d'effets secondaires et les sérotoninergiques c'est un peu le fossé par rapport à l'Anafranil, aux IMAO et de cette ancienne génération. On passe maintenant à des molécules qui ont une excellente tolérance, mais ce ne sont jamais que des antalgiques du mental et ça ne pourra jamais être autre chose, à moins qu'un jour on arrive à prouver le caractère complètement biochimique pour tous les fonctionnements mentaux de l'individu, mais là j'ai un peu des doutes, donc voilà mon point de vue.

A mon avis, oui, il ne peut qu'y avoir des progrès dans la prise en charge parce que les patients sont plus au courant, les médecins sont mieux formés maintenant, globalement je pense que ça devrait s'améliorer

Au niveau prise en charge ça dépend un peu des médecins, peut-être oui, si les médecins sont mieux préparés et prennent plus de temps d'écouter leurs malades, je pense que ça ne peut qu'améliorer la prise en charge des patients dépressifs, c'est quand même une pathologie assez fréquente, de plus en plus fréquente ou peut-être qu'on diagnostique de plus en plus.

 Vous me mettez, vous me poussez dans des retranchements parce que là on arrive dans Palo Alto parce que pour moi la dépression ça va être aussi l'expression d'autre chose et là on est en situation d'échec total. On rejoint un petit peu, moi je le vis au quotidien aussi, de plus en plus, je fais le contraire de ce qu'on m'a appris quand j'étais jeune, déjà quand j'étais jeune on me forçait à mettre un diagnostic alors que l'école américaine disait déjà qu'il ne fallait pas enfermer les gens dans une case.

Je pense aussi que l'évolution des mœurs fait que les gens vont peu à peu être de moins en moins enclins à la masquer, sans en avoir honte, sans en avoir peur, les médecins aussi et que on sera peut-être moins confrontés à autant de dépressions qu'on en voit maintenant et du fait même  peut-être qu'on les abordera avant même qu'il y ait passage à la dépression. C'est quand même beaucoup plus facile qu'il y a vingt ans, ça c'est sûr. Moi j'exerce depuis à  peu près vingt sept ans et le paysage en ce domaine a considérablement changé. Bien entendu on en est pas à la moitié de ce qu'on souhaiterait, mais bon c'est déjà pas mal.

Des changements, il y a des améliorations c'est à dire que depuis quelques années, depuis une quinzaine d'années on constate quand même qu'il y a des nouvelles molécules et je suppose qu'il va y en avoir de nouvelles encore, mais je ne pense pas que ce soit un problème de…,on en est plus au stade de médicaments, je pense que le problème de la dépression si on veut que ça évolue il faut qu'il y ait autre chose, ce n'est pas qu'une prise de conscience au niveau société que de concevoir la maladie en tant que telle, qu'une prise de coller un médicament qui à mon avis apporte une bonne thérapeutique.

  Nos liens favoris
    BONJOUR