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VI.
L'avenir et les changements que l'on peut attendre dans le domaine de la
dépression et de ses traitements. PAS OU PEU DE GRANDS CHANGEMENTS Des
changements radicaux non, non,
des changements oui. Moi par exemple je fais partie d'un réseau Santé
Mentale où justement le fait de mieux articuler des rapports entre différents
professionnels de santé mentale, c'est quand même un changement
important. Non, rien dans les
changements notables. Non,
je ne vois pas tellement de
changements d'autant plus que je lis relativement souvent et donc à
partir du moment où il y a un changement ou disons soit une information
ou une amélioration évidemment on est en droit de l'appliquer. Des
changements radicaux, là je
n'ai pas beaucoup d'avis, des changements
radicaux là je ne sais pas, peut-être que surtout qu'on a déjà
pas mal connu de changements donc tous les traitements actuels sont
assez satisfaisants, alors est-ce que effectivement il va y avoir des changements radicaux, je
ne suis pas sûr parce que les changements radicaux ils pourraient éventuellement
exister que dans une prévention mais je ne la vois pas bien et c'est
tout, sinon je n'ai pas d'avis précis.
Dans
les domaine de la dépression, je
ne suis pas au courant, je ne demande qu'à voir, moi j'attends
depuis longtemps le bonheur partagé, tous ceux qui auraient des problèmes
qui pourraient être pris en charge, éviter les drames, éviter les
deuils, éviter les accidents de la route, il y a des campagnes assez sévères,
allez dire à un gars ou des parents ou
n'importe qui, qui a perdu un être cher dans un accident de la
route, allez lui dire de redevenir heureux. Allez dire à un déporté
de la guerre 39-45 qui est sortir des camps, essayer de lui faire
comprendre qu'on peut être heureux sur cette terre, c'est très
difficile pour eux. Alors est-ce
que tout ça on pourra le changer, je ne le crois pas. C'est essayer de relier un phénomène mental à un phénomène biochimique, vu la complexité de l'être humain et des récepteurs et autres vecteurs, moi je n'y crois pas, je ne pense pas qu'on aura une révolution au sens où une infection, on peut avoir une révolution, quand la pénicilline est arrivée, c'était une révolution, je pense que sur la dépression on aura pas ça, par contre on aura peut-être des médicaments qui soulageront mieux les patients, qui seront mieux tolérés, donc qui seront effectivement bénéfiques aux patients, ça c'est clair. Je veux dire vous mettez quelqu'un sous Anafranil pendant trente ans, vous savez pertinemment qu'avec ce qu'il a vécu, un exemple très simple, les soldats français qui étaient en Algérie, les trois quarts soit ils boivent, soit ils sont dépressifs et si ils boivent c'est qu'ils sont dépressifs. Ceux-là si ils souffrent et que vous commencez à les traiter, vous savez pertinemment que vous ne les sortirez pas de leur vécu, leur vécu vous pouvez leur faire la psychothérapie que vous voulez, ils n'en sortiront pas et qu'à partir de là vous allez mettre un traitement qui va être advitam eternam, si le patient est soulagé qu'il se sent bien avec il le prendra régulièrement, donc ce traitement là, le but c'est qu'il soit, qu'il est le moins d'effets secondaires. Je
ne vois pas tellement de nouveautés
possibles si ce n'est, si on appelle les IRSNA une nouveauté, soit,
mais pour moi ce n'est pas une
nouveauté, on va tripoter
entre les molécules pour pouvoir agir sut tel ou tel neurone. Pas
de changements radicaux à
ma connaissance, je ne suis peut-être pas très au courant de
l'actualité, mais je ne vois rien venir d'extraordinaire. Je
n'attends pas de révolution,
je ne vois pas de révolution
dans les années qui viennent. , Des changements
radicaux, je ne pense pas. Mais bien sûr il y a toujours les progrès
thérapeutiques. En
terme de santé publique, en terme d'amélioration de la santé des
gens, je ne crois pas, je ne
m'attends pas qu'il y ait des progrès majeurs parce que il y a le
vrai dépressif accidentel, si j'ose dire, et après il y a les cas de
personnalité pathologique. Je
ne pense pas qu'il y aura de changements radicaux, non, à mon avis non. Je
ne pense
pas qu'il y ait des changements radicaux, il est possible que peut-être
on arrive un jour à des molécules qui amélioreront l'humeur d'une
façon quasi immédiate comme le font les tranquillisants qui en
font tout leur succès. Pour le moment notre gros problème c'est qu'il
faut toujours, malgré les prétentions de tel ou tel produit, attendre
un mois, un mois et demi pour que nettement il y ait quelque chose qui
se fasse et même le plus souvent c'est le troisième mois quand on
s'aperçoit qu'on a fait du bien, alors qu'avec un verre de whisky ou
avec un comprimé de Lexomyl encore une fois, dans les minutes qui
suivent on a l'effet. C'est peut être ça qui peut se passer, mais
sinon sur le reste je crois qu'on a des produits qui sont assez
efficaces pour les dépressifs que je vois. CHANGEMENTS C'est vrai que si on pouvait résoudre ces problèmes, je sais qu'il y a un produit qui est sorti, c'est Glaxo qui a sorti un produit qui serait régulateur des encéphaliques pour éviter les pulsions qu'on a pour allumer une cigarette, ce serait formidable mais quand on voit les produits, les toxicomanes qui se présentent comme d'authentiques déprimés, on se dit qu'est-ce qu'il leur faut de plus comme produit, ils sont sous traitement substitutif de morphiniques, ils sont alcooliques en même temps, c'est lourd! A ce moment là on aimerait peut-être avoir un produit qui arrête ces trucs là, mais là on revient sur la nécessaire prise en charge psychothérapeutique parce que ces gens là ils ont vingt, trente, quarante ans et à quarante ans il y a du chemin à faire pour qu'il retrouve ses joies d'enfant. Je pense que si la connaissance de la neurophysiologie progresse et je crois qu’elle va progresser parce que je crois que les neuromédiateurs vont apparaître de façon beaucoup plus spécifique, les récepteurs seront beaucoup mieux connus donc je crois qu’on aura des molécules qui cibleront plus tel ou tel objet de la dépression, tel ou tel paramètre si vous voulez parce que la dépression c’est un ensemble de symptômes donc les uns sont prédominants par rapport aux autres, c’est quelque chose d’assez général comme définition donc il faudra trouver des produits qui traitent tel symptôme par rapport à d’autres qui seront plus spécifiques, voilà ce que je pense, peut-être que je me trompe. Je pense que nous allons assister à des changements radicaux, oui parce que le demi siècle à venir auquel j'espère avoir la chance de participer parce que ça va être enthousiasmant, c'est quand même le siècle de la neurologie, donc c'est clair. Donc sur ce plan là je crois que ce sont les anglais qui viennent de sortir, ils sont parvenus à dissocier l'effet anxiolytique et l'effet hyperséronique des benzodiazépines, donc voilà le genre de révolution que l'on va vivre, arriver à lutter contre l'anxiété. Donc ça c'est un aspect des choses qui est enthousiasmant. On
aimerait bien, moi il y a une chose, moi j'ai posé la question
d'ailleurs à Hantouche qui est un psychiatre et qui connaît bien tous
ces problèmes de psychopharmaco et je lui disais mais enfin les
neuropetides on ne s'en sert pas, ces endomorphines tous ces trucs là,
apparemment c'est quelque chose, il me dit non apparemment il n'y a pas
vraiment de…, il ne semble pas qu'il y ait d'application pratique de
ce type de produits, je ne sais pas où ça en est. Je pense que s'il y
a une évolution thérapeutique médicamenteuse,
peut-être qu'elle ira dans ce sens là, je ne vois pas tellement dans
les antidépresseurs, on va certainement essayer de retravailler
sur un neuromédiateur plus un autre, plus un autre, mais à mon avis ça
ne change rien.. Ce qu'il peut y avoir de nouveaux ça peut être
des produits, pour les produits centraux les effets secondaires on en a
quand même déjà, ce sont des produits qui sont faciles à prendre.,
ce sont des produits relativement faciles à prendre. Je
pense qu’il y aura des changements
au niveau d'abord de la connaissance
peut-être biochimique ou pourquoi pas génétique de la dépression
et puis ensuite au niveau des traitements
médicamenteux qui deviennent très efficaces et avec le moins
d'effets secondaires possibles. Je
crois qu'il y a des progrès qui
devraient se faire parce que comme on ne répond pas à toutes les
questions, il va falloir, il faut que ça change, comment, je ne sais
pas, mais je crois qu'il y a une évolution
dans le traitement que ce soit chimique ou autrement mais il y aura une
évolution. Des
changements, il y a des améliorations c'est à dire que depuis quelques
années, depuis une quinzaine d'années on constate quand même qu'il y
a des nouvelles molécules et
je suppose qu'il va y en avoir de
nouvelles encore, mais je ne pense pas que ce soit un problème
de…, on en est plus au stade de médicaments, je pense que le problème
de la dépression si on veut que ça évolue il faut qu'il y ait autre
chose, ce n'est pas qu'une prise de conscience au niveau société que
de concevoir la maladie en tant que telle, qu'une prise de coller un médicament
qui à mon avis apporte une bonne thérapeutique. A
mon sens oui je crois qu'on répond a une connaissance des mécanismes cérébraux
qui est bien sûr bien meilleure que celle qu'on avait il y a une
trentaine d'années et je pense qu'en cette matière les
progrès sont tout à fait
importants et que il n'est pas interdit de penser que dans les dix années
qui viennent on aura à notre disposition des molécules, des découvertes
du fait d'autres mécanismes d'action mis en marche et effectivement je
pense qu'il y aura certainement des progrès, à mon sens. CHANGEMENTS : TOLERANCE, PUISSANCE… Peut-être
qu'avec les nouvelles molécules ce qu'on est entrain de travailler sérieusement
parce que, moi je dis tout ça aux labos quand ils viennent me voir,
c'est vrai qu'ils présentent des médicaments classés antidépresseurs,
que ce soit le Prozac, le Seropram, tous les deniers sérotoninergiques,
moi je veux bien, c'est vrai que c'est plus
légers, les gens sont peut-être mieux, mais j'ai l'impression
qu'il faudrait des dosages, les dosages
ne sont pas suffisants, il faudrait taper un peu plus fort. Deuxième
chose, donc une posologie peut-être
plus importante ou une concentration
en tout cas plus élevée, mais
sans en avoir trop d'inconvénients parce que on va se retrouver comme
autrefois. CHANGEMENTS PAR LA MENTALITE Oui,
mais bon en dehors de ça il y a la misère
quand même chez des gens qui
ont beaucoup de moyens, ils ont aussi des problèmes psychologiques,
qu'est-ce qu'on est, à quoi on sert? Le changement le plus radical ce serait qu'on abandonne notre attitude judéo-chrétienne de maladies honteuses, voilà pour moi et dire que la dépression est une maladie comme une autre et j'ai beaucoup de mal à faire passer le message parce que pour les traitements ce n'est pas évident de dire à quelqu'un une dépression c'est une maladie comme une autre, "non c'est pas bien, ceci, cela", surtout que j'habite en rural, voilà. Donc voilà le principal obstacle dans le traitement de la dépression que l'on rencontre à mon avis. Moi
je me tiens au courant de la littérature, je n'ai pas, enfin à ma connaissance de notions de changements radicaux pour le
moment, enfin à ma connaissance. Peut-être alors s'agit-il de spécialistes,
je ne connais pas pour le moment, nous avons si vous voulez une ligne de
traitements, je crois que globalement ça marche, c'est efficace en général. Non
parce que je crois que le problème ce n'est pas, le problème c'est
qu'on ne guérira jamais quelqu'un d'une dépression avec des médicaments.
Le médicament moi je compare toujours ça à une jambe cassée,
quelqu'un qui a une jambe cassée, il a mal à sa jambe et c'est
handicapant jusqu'à que sa jambe soit cicatrisée, le jour où elle est
cicatrisée il ne prend plus de calmant, malheureusement s'il cicatrise
mal il prendra des calmants à vie. Chez le dépressif c'est pareil, le
dépressif s'il n'est pas arrivé à guérir de sa dépression, à ce
moment là, la dépression c'est un phénomène mental, psychologique, c'est un mal de l'esprit et ça ce n'est pas un médicament qui permettra de
régler ses problèmes et ce n'est pas de fonctionnement et de sa façon
de réagir à un stress, donc l'antidépresseur ne sera jamais qu'un antalgique du moral, moi c'est comme ça que je le vois, donc à ce
titre là on aura pas de révolution. On va vers des molécules de
mieux en mieux tolérées, des molécules qui sont efficaces, qui ont
peu d'effets secondaires et les sérotoninergiques c'est un peu le fossé
par rapport à l'Anafranil, aux IMAO et de cette ancienne génération.
On passe maintenant à des molécules qui ont une excellente tolérance,
mais ce ne sont jamais que des antalgiques du mental et ça ne pourra
jamais être autre chose, à moins qu'un jour on arrive à prouver le caractère complètement biochimique
pour tous les fonctionnements mentaux de l'individu, mais là j'ai un
peu des doutes, donc voilà mon point de vue. A mon avis, oui, il ne peut qu'y avoir des progrès dans la prise en charge parce que les patients sont plus au courant, les médecins sont mieux formés maintenant, globalement je pense que ça devrait s'améliorer Au niveau prise en charge ça dépend un peu des médecins, peut-être oui, si les médecins sont mieux préparés et prennent plus de temps d'écouter leurs malades, je pense que ça ne peut qu'améliorer la prise en charge des patients dépressifs, c'est quand même une pathologie assez fréquente, de plus en plus fréquente ou peut-être qu'on diagnostique de plus en plus. Vous
me mettez, vous me poussez dans des retranchements parce que là on
arrive dans Palo Alto parce que pour
moi la dépression ça va être aussi l'expression d'autre chose et
là on est en situation d'échec total. On rejoint un petit peu, moi je le vis au
quotidien aussi, de plus en plus, je fais le contraire de ce qu'on m'a
appris quand j'étais jeune, déjà quand j'étais jeune on me forçait
à mettre un diagnostic alors que l'école américaine disait déjà
qu'il ne fallait pas enfermer les gens dans une case. Je
pense aussi que l'évolution des
mœurs fait que les gens vont peu à peu être de moins en moins
enclins à la masquer, sans en avoir honte, sans en avoir peur, les médecins
aussi et que on sera peut-être moins confrontés à autant de dépressions
qu'on en voit maintenant et du fait même
peut-être qu'on les
abordera avant même qu'il y ait passage à la dépression. C'est
quand même beaucoup plus facile qu'il y a vingt ans, ça c'est sûr.
Moi j'exerce depuis à peu
près vingt sept ans et le paysage en ce domaine a considérablement
changé. Bien entendu on en est pas à la moitié de ce qu'on
souhaiterait, mais bon c'est déjà pas mal. Des
changements, il y a des améliorations
c'est à dire que depuis quelques années, depuis une quinzaine d'années
on constate quand même qu'il y a des nouvelles molécules et je suppose
qu'il va y en avoir de nouvelles encore, mais je ne pense pas que ce
soit un problème de…,on en est plus au stade de médicaments, je
pense que le problème de la dépression si on veut que ça évolue
il faut qu'il y ait autre chose, ce n'est pas qu'une prise
de conscience au niveau société que de concevoir la maladie en tant
que telle, qu'une prise de coller un médicament qui à mon avis
apporte une bonne thérapeutique. |
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