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V. Comment pourrait-on améliorer la compréhension 
et le traitement de la dépression


PARLER,  EXPLIQUER, PASSER DU TEMPS « BANALISER LA DEPRESSION »

Il faut préparer la mentalité du patient à dire que la maladie dépression est une maladie qui peut arriver à  n'importe qui, n'importe quand et que c'est fiablement prouvé par la baisse des médiateurs chimiques du cerveau et que ce n'est pas envoyé par sa femme ou par Dieu ou par Jésus ou par Jéhovah. C'est vécu comme une maladie honteuse et c'est pire que la vie d'un serpent, ça a la vie dure!! C'est tout ce que j'ai à dire, moi j'essaie d'appliquer ça comme ça mais je n'y arrive pas toujours.

La compréhension pour le malade c’est certainement de ne pas relier le symptôme au comprimé parce qu’il ne faut pas que le patient…, moi par exemple j’ai beaucoup de toxicomanes, ils cachetonnent et si vous voulez ils ont l’effet immédiat du produit et il ne faut pas qu’ils pensent prendre le produit et avoir l’effet immédiat, donc leur expliquer que c’est quelque chose de très, très long de traitement, que ce n’est pas un traitement, quelque chose qui ne se prend pas sur huit jours, dix jours. Il faut expliquer au patient que c’est quelque chose qui est dans le temps prolongé, qui demande beaucoup de travail, beaucoup d’investissement personnel, beaucoup d’écoute, voyez, que ce n’est pas quelque chose qui peut se régler comme une angine en quarante huit heures.

 

Le plus important effectivement c'est l'action sur les patients, c'est à mon avis par les médias, par les médias grand public qui se doivent de banaliser un petit peu la psychiatrie, ce n'est pas extra à la dépression.

C’est plus au niveau de la vie du patient, de sa façon de vivre, de sa façon de travailler, des  problèmes de la société, voilà c'est ça en fait et de détecter très précocement les signes parce que une dépression ça ne vient pas comme ça comme un cheveu sur la soupe, donc moi je pense qu'il y a sûrement chez les patients des signes avant coureurs qui sont toujours un peu masqués donc je crois que c'est là qu'il faudrait porter l'effort mais ce n'est pas immédiat comme ça, alors encore  là je crois que encore une fois c'est une question de qualité de relation entre le patient et le médecin. Aussi il y a peut-être des facteurs prédisposants, des facteurs familiaux parce que il y a très souvent des facteurs familiaux qui interviennent, on sait qu'il y a des familles de dépressifs en fait, très souvent il y a une notion familiale, sans parler d'hérédité il y a souvent une tendance familiale, ça c'est net. C'est sûr que quand on connaît la famille, les parents, les éléments familiaux, on peut éventuellement soupçonner chez tel membre ou tel membre de la famille un état dépressif avant qu'il ne survienne, plus ou moins mais une tendance à la dépression.

  Je crois que c'est une question de rapport entre les patients et les médecins, il faut que chacun prenne le temps de s'expliquer. Le patient à s'expliquer et le médecin d'écouter son patient et lui expliquer de quoi il retourne et de quoi il va retourner et comment ça va évoluer et comment et pourquoi ça va évoluer dans ce sens là ou dans ce sens là et comment ça peut rechuter et que il y a un tout un tas de choses à dire et à répéter parce que les patients dépressifs souvent sont un petit peu fermés aux explications, donc comme progressivement au cours du temps les gens s'améliorent et il faut répéter les choses. C'est pour ça que je crois que c'est vraiment une qualité d’écoute des médecins essentiellement en fait parce que les symptômes bien souvent ils sont un peu masqués et donc c'est aux médecins à les trouver, de les mettre à jour.

  La compréhension par le public ça veut dire essayer d'étudier un petit peu les gens et justement comme le terme de psychiatre et le terme de dépression ne soient plus un sujet tabou, le soient moins que maintenant.

Il faut que le médecin prenne beaucoup de temps et le médecin n'a pas toujours le temps, nous n'avons pas toujours le temps. Ensuite auprès du grand public c'est un sujet volontiers tabou, les gens acceptent mal qu'ils soient dépressifs et ils l'acceptent d'autant plus mal quand on leur dit qu'il faut qu'ils aillent voir un psychiatre pour faire une psychothérapie. On a des gens qui traînent pendant des mois, ils ne veulent pas de psychothérapie alors que ce serait un travail qui serait intéressant.

Il faut faire accepter aux patients que ce n'est pas une maladie, voilà. Et d'ailleurs la psychiatrie américaine vient de se faire envoyer un énorme coup de pied au cul, extrêmement douloureux par une psychiatre américaine qui a fait une étude qui a bien démontré que la prise en charge de la maladie dépressive par des psychothérapies procédurales et des traitements complètement procéduraux aussi,  ce n'est pas comme ça qu'on va faire avancer les choses. Déjà admettre que ce n'est pas une maladie, en acceptant bien que c'est un ensemble de symptômes présentés par une personne, je crois que c'est la première chose qu'il faut accepter.

  Informer dans le sens de durée, c'est à dire que même si les symptômes s'ils sentent une amélioration, ce n'est pas pour ça que leur état dépressif est guéri et qu'il faut continuer trois mois, six mois minimum. Je dirais que si il y a message à leur faire passer de la part de l'industrie pharmaceutique et de la part du médecin, c'est ça.

Il y a la notion de nous aider dans la thérapeutique par rapport au patient, comment le patient  lui reçoit l'image de la dépression et ça c'est quand même un très gros sujet parce que dans l'image, quand on lui dit qu'il est déprimé d'abord ce n'est pas la même image quand on lui dit qu'il est déprimé ou qu'il est en dépression. Dans le mot dépression il y a quelque part le mot maladie mentale,  il y a une notion qui est celle des patients, cette notion de perte de contrôle qui est très mal vécue par les patients et ce passage aux antidépresseurs qui est souvent très mal vécu avec d'une part l'impression d'un effet artificiel, c'est à dire que c'est la pilule du bonheur et en même temps l'impression quelque part qu'une fois qu'il aura résolu ces problèmes avec ce type de traitement, s'il les résout, il va se retrouver tout nu quand on arrêtera le traitement et donc il a peur beaucoup. Il a peur de basculer complètement dans les médicaments.

  Il y a une partie importante aussi la communication ou la relation, la communication entre le médecin et le patient, qu'il faut bien arriver à améliorer pour que les patients puissent parler librement de leurs problèmes et de leurs situations, ça  aussi c'est important.

La difficulté c'est de leur faire comprendre un petit peu que c'est une maladie disons de plus en plus fréquente et ça ils l'admettent, du moins ils commencent à l'admettre, on en parle de plus en plus, mais il y a encore une certaine honte pour eux à admettre, même quand ils l'admettent eux ils ne veulent pas que ça se sache, ça c'est quand même le gros problème. Moi j'ai le cas d'une femme qui ne veut absolument pas que ça se sache, deux personnes en fait, qui ne veulent pas que ça se sache parce que dans leur emploi il y a toujours la crainte de se voir licencier ou du moins avoir un travail qui ne les intéressent plus parce que ils ont un état de faiblesse. Les gens associent dépression à faiblesse.

Pour les patients nous ce qui nous intéressent c'est une adhération au traitement, c'est de vaincre les résistances, le vrai problème c'est surtout ça, vaincre les résistances, "non je ne suis pas fou". Ou alors ils prennent,  ils ne le prennent pas, ils diminuent les doses, on a affaire je crois dans ce domaine plus que dans d'autres à des résistances de la part du patient, il faudrait trouver en quelque sorte des astuces pour les convaincre, il faut qu'ils prennent leur truc à bonne dose et suffisamment longtemps parce que finalement au bout de quinze jours quand ça va mieux ils ont tendance à diminuer ou à arrêter ou alors ils disent "ça n'a pas marché", "j'ai arrêté".

  Oui informer dans le sens de durée, c'est à dire que même si les symptômes s'ils sentent une amélioration, ce n'est pas pour ça que leur état dépressif est guéri et qu'il faut continuer trois mois, six mois minimum. Je dirais que si il y a message à leur faire passer de la part de l'industrie pharmaceutique et de la part du médecin, c'est ça.

  Il faut de l'information pour les patients parce que le syndrome dépressif,  la dépression a encore une connotation négative chez la plupart des gens, dépressif égal fou ou presque, donc les gens le cachent, certaines personnes le cachent souvent, ils refusent de se soigner, ils ont peur d'être fous.

  Les patients sont mieux informés aussi, ils font moins l'amalgame entre les différentes classes de médicaments, il y a peut-être moins de tabous qu'il y a cinq ans mais il y a toujours des difficultés à vaincre.

C’est l'acceptation de la maladie, du diagnostic qui est difficile parfois à faire accepter au patient, donc il faut passer du temps, je crois que le temps c'est l'essentiel, il faut passer du temps, prendre du temps pour soigner le patient. Peut-être qu'effectivement en médecine générale on a pas tellement le temps s'occuper des syndromes dépressifs, ça prend beaucoup de temps et l'acte étant rémunéré insuffisamment, il y a parfois peut-être des médecins qui bâclent un peu mais on ne peut pas faire autrement, il faut passer du temps.

  Je crois qu'il faut y passer du temps, le rôle des médecins c'est d'y passer du temps, je crois qu'il faut passer du temps, on ne peut pas traiter ça à la légère, on ne peut pas prescrire un médicament comme ça en disant au patient, revenez me voir dans un mois, dans deux mois. Je crois qu'il faut passer du temps et expliquer au patient ce que c'est que sa maladie et comment ça se soigne.

  Je pense que d'abord il faut communiquer, arriver à faire des communications en dehors des cabinets médicaux mais par voie de grande presse de dire qu'un dépressif n'est pas un fou, que deuxièmement le médicament antidépresseur est un médicament qui n'est pas plus toxique qu'une vulgaire aspirine quand il est bien suivi, mais de faire des campagnes style grande presse, je dirais, parce que quand ils viennent chez nous, ils pensent que nous on est des vendeurs de médicaments, donc c'est déjà presque trop tard. Donc qu'il faut qu'il y ait une information en amont du cabinet. Améliorer la compréhension, je dirais que c'est mieux la comprendre et peut-être, mais ça c'est plus dur, essayer de faire que l'entourage puisse s'impliquer dans le traitement parce que beaucoup de dépressions, à mon avis, l'entourage joue un rôle actif, mais bon…Comment faire impliquer l'entourage dans le traitement, ce n'est pas évident.

Je crois que ce n'est pas facile, je crois qu'il faudrait communiquer de façon, par vulgarisation la plus nette sur la dépression pour arriver à enlever l'étiquette honteuse qui est attachée aux dépressifs dans ce pays. Encore une fois moi j’entends tous les jours, "mais je ne suis pas dépressif", moi, j'écoute ça sans arrêt. En revanche ils se jettent sur la boîte de Lexomyl, c'est ça qu'il faudrait modifier. C'est à dire, dire prendre des tranquillisants c'est se droguer, prendre un antidépresseur c'est se soigner, voilà l'idée.

Je crois que nous en aval on aurait beaucoup plus de facilités à entrer dans le sujet et de dire aux gens, vous faites une dépression, un peu comme on leur dit, vous faites un angine, on va vous traitez pendant trois mois, six mois, neuf mois et à la fin vous n'aurez plus de médicament, plutôt que de leur donner comme c'est plutôt toujours le cas malheureusement du Xanax pendant cinquante ans.

  Je crois que de toute façon il y a déjà le fait de faire comprendre que la dépression n'est pas forcément n'est pas une maladie honteuse, c'est à dire que le problème des gens, des dépressifs, c'est que ils n'admettent pas d'être dépressifs parce que ils ont toutes les raisons pour être heureux. Beaucoup de ces gens en fait, ils n'admettent pas, ils finissent par comprendre au bout de quelques entretiens qu'ils sont dépressifs et que l'inconvénient de ça est qu'ils ne voient pas, ils ne comprennent pas pourquoi, ils ont une belle famille, ils sont heureux, ils ont un bon boulot, ils ont des enfants en bonne santé, ils ne voient pas très bien. Donc la première difficulté c'est de leur faire comprendre que la dépression c'est une maladie comme une autre et que ils sont dépressifs, donc déjà c'est un travail à faire, donc il faut leur faire prendre conscience de leur maladie, c'est la première des difficultés.

  Je sais que j'insiste très souvent sur l'explication de ce qui mène à la dépression en essayant de bien distinguer avec le patient deux phases, c'est à dire le fond du problème, c'est à dire ce qui fait que peu à peu ils sont rentrés dans…,  avec tout ce qu'il peut y avoir de soins ultérieurs, c'est la dépression et ses conséquences, ça c'est une chose et puis l'abord secondaire des causes véritables, c'est à dire ce qui a sans être véritablement une cause, mais de ce qui a mené à la dépression. Je crois que là encore c'est un problème d'explication, là encore de conversation et les gens si on leur explique, ils ne sont pas complètement obtus, ils comprennent. Si on leur explique ce qu'est une dépression, que ce n'est pas quelque chose qui n'est pas une folie et qui non plus qui rend fou, ils sont tout à fait d'accord pour le comprendre et je crois que c'est un problème d'explication.

  Je crois que en cette matière une meilleure connaissance de la part des patients du mécanisme de la dépression, de ce que nous connaissons du mécanisme de la dépression  est quelque chose qui est tout à fait essentiel parce que nous connaissons les mécanismes de la dépression.

Je pense que c'est en parlant un peu plus souvent, ça c'est quand même pas mal ouvert parce que maintenant les gens n'ont plus peur de dire qu'ils ont des problèmes de dépression, ils disent qu'ils sont allés voir un psychologue, qu'ils sont suivis, ça c'est déjà pas mal. C'est vrai que la presse, les médias en ont pas mal parlé, je pense que c'est bien parce que ça permet de dire que c'est une maladie comme une autre. Moi je leur dis souvent, vous voyez vous auriez de l'hypertension ou un ulcère de l'estomac qu'il faut souvent un traitement au long cours et que vous n'arrêteriez pas forcément votre traitement tout de suite. Donc le fait de déjà leur parler sur pas mal de supports ça aide.

Au niveau des traitements c'est pareil, les gens sont déjà plus compliants à leur traitement si déjà on leur explique qu'il peut y avoir des effets secondaires, que ça peut être telle chose, ils peuvent nous rappeler si vraiment ils s'aperçoivent qu'il y a quelque chose qui ne va pas, on peut éventuellement changer si vraiment il y a des gros soucis, que ça peut être telle ou telle chose, que ça peut passer, que si ça ne passe pas, il faut expliquer vraiment comment ça marche, pourquoi ça fait ça et voir avec eux. Je pense qu'il faut qu'ils prennent en charge aussi leur traitement, il ne faut pas qu'ils soient passifs en disant, moi j'avale ma petite pilule, ça va passer tout seul et dans six mois je me réveille.

C'est déjà leur expliquer et que eux se prennent en charge aussi et leur traitement et qu'ils soient actifs et ça c'est valable pour tout traitement, je crois que pour celui-là c'est encore plus important, il ne faut pas qu'ils soient passifs. Si effectivement au départ ils peuvent être très passifs parce que il y a quand même un ralentissement parfois important chez certaines personnes, il faut qu'au bout d'un moment on arrive à les remettre en selle et dire maintenant vous vous prenez en mains, nous on peut vous aider, le médicament peut vous aider mais il n'y a pas que ça, si il n'y a que ça on y  arrivera pas.

 et que eux se prennent en charge aussi et leur traitement et qu'ils soient actifs et ça c'est valable pour tout traitement, je crois que pour celui-là c'est encore plus important, il ne faut pas qu'ils soient passifs. Si effectivement au départ ils peuvent être très passifs parce que il y a quand même un ralentissement parfois important chez certaines personnes, il faut qu'au bout d'un moment on arrive à les remettre en selle et dire maintenant vous vous prenez en mains, nous on peut vous aider, le médicament peut vous aider mais il n'y a pas que ça, si il n'y a que ça on y  arrivera pas.

Je trouve que c'est important, il faut que nous on arrive à en parler mais il faut aussi que la personne arrive aussi à l'exprimer parce que si on est devant un mur on a du mal.

Il faut dédramatiser, moi je leur dis qu'il y a des statistiques qui disent que ça arrive une fois dans la vie, moi je leur dis ça peut m'arriver, ça vous arrive maintenant mais ça n'est pas dramatique, j'essaie de leur expliquer que effectivement c'est quelque chose d'important de sérieux mais qui se traite mais que ce n'est pas, je me traite un mois, j'arrête. Généralement dans ces cas-là je les revois. J'essaie d'expliquer, de dédramatiser pour qu'il y ait une meilleure compliance en tout, c'est dans leur traitement et dans la façon de voir les choses.

C'est quelque chose de tabou, peut-être un petit peu moins qu'avant les gens parlent un peu plus facilement mais ça reste encore tabou. Il est évident que depuis quelques années il y a eu des progrès de faits, ce n'est plus synonyme de psychiatre, c'est à dire que ce n'est plus synonyme de fou parce que souvent psychiatre c'est fou pour eux, ce n'est pas synonyme de fou mais ce n'est pas encore synonyme d'une bronchite ou de quelque chose…, c'est quand même une maladie qui est très particulière. Je pense qu'il est très important de faire comprendre, le gros problème au niveau de la dépression c'est également l'abord thérapeutique qui est extrêmement complexe selon moi de greffer parce que ce sont à des médecins généralistes à qui s'adressent les gens au départ et que nous n'avons pas le temps, ni les possibilités, on va parler crûment, mais à 115 francs la consultation, il est difficile de faire de la médecine psychiatrique. C'est quelque chose de tabou, peut-être un petit peu moins qu'avant les gens parlent un peu plus facilement mais ça reste encore tabou. Il est évident que depuis quelques années il y a eu des progrès de faits, ce n'est plus synonyme de psychiatre, c'est à dire que ce n'est plus synonyme de fou parce que souvent psychiatre c'est fou pour eux, ce n'est pas synonyme de fou mais ce n'est pas encore synonyme d'une bronchite ou de quelque chose…, c'est quand même une maladie qui est très particulière. Je pense qu'il est très important de faire comprendre, le gros problème au niveau de la dépression c'est également l'abord thérapeutique qui est extrêmement complexe selon moi de greffer parce que ce sont à des médecins généralistes à qui s'adressent les gens au départ et que nous n'avons pas le temps, ni les possibilités, on va parler crûment, mais à 115 francs la consultation, il est difficile de faire de la médecine psychiatrique.

  ANALYSE, PSYCHOTHERAPIE

Oui, je pense que ce soit…, les gens qui utilisent la bonne médecine, je crois qu'ils ont raison quand même, je crois qu'il faut demander aussi aux médecins, je crois que c'est vraiment un travail d'analyse de leurs patients qui soit de bonne qualité, ça ne suffit pas de donner des antidépresseurs.

  MEDECINS GENERALISTES : MANQUE DE FORMATION

  Nous les médecins généralistes on est peut-être pas tout à fait formés, c'est peut-être un manque de formation des médecins, un manque de disponibilité des médecins et d'opposition par rapport aux positions des patients.

Peut-être aussi être mieux formés, c'est vrai que moi pour mes études médicales j'ai fait un peu de psychiatrie, mais en général ces gens là sont peu formés et prendre en charge ces patients dépressifs, ça s'acquiert sur le tas mais quand même il faudrait qu'ils soient plus formés pour faire des psychothérapies ambulatoires, je crois que c'est là qu'il faudrait faire quelque chose, être mieux formés.

Ce qui est terrible, c'est que quand vous dites à un étudiant que la dépression est une maladie, lui il a la science infuse dans la tête, et donc il a les inhibiteurs calciques et voilà. Donc dans ce cas là ce ne sera pas les inhibiteurs calciques, ce sera le Prozac et voilà, et c'est foutu…! On a déjà mis la main dans le merdier et on va avoir du mal à l'en retirer parce que il va falloir qu'il se casse la gueule souvent pour arriver à se sortir ça de la tête après.

La compréhension de la maladie c’est à dire que c'est plutôt le diagnostic, améliorer le diagnostic, je crois surtout qu'il ne faut pas avoir peur du diagnostic, c'est à dire que je pense, moi le premier, je sous estime un peu, avant de dire que c'est de la dépression, je tourne et je revire, je regarde si on ne peut pas donner des anxiolytiques seuls, des choses comme ça, parce que là on rentre, c'est différent, c'est à dire la démarche diagnostique. La démarche diagnostique, je pense qu'on est freiné par ça, je ne dois pas être seul, en fait on évite, on retarde la mise sous antidépresseurs. Donc il ne faut pas hésiter à poser le diagnostic voilà ce que je dirais. C'est à dire il faut se baser sur ça, les troubles du sommeil, les troubles de l'humeur et anxiété. Je pense qu'on a peur des drogues qu'on emploie, voilà poser plus vite le diagnostic, je pense qu'on le pose relativement tard et ne pas utiliser les drogues…,mais à pleine dose ce que l'on voit d'ailleurs quand on reçoit des lettres de nos chers confrères psychiatres parce que eux ils bombardent comme des ânes!!

  On ne répond pas toujours aux gens, on est pas formés pour ça de faire de la psychothérapie vu le temps, il faut apporter quelque chose aux gens, en fin de compte il faudrait que ce soit des consultations payées à l'acte et non au temps passé, c'est une très mauvaise politique et tant qu'on aura ce genre d'attitude, le paiement comme ça, malheureusement on sera amenés à prescrire des médicaments, on prescrit beaucoup trop de médicaments.

  Le problème est qu'en France, je ne sais pas comment ça se passe dans les pays étrangers, mais la formation, les généralistes face à la psychiatrie ça reste complètement, c'est hallucinant.

Je vais prêcher contre ce qui me passionne, je ne sais pas si justement la formation par les médias peut pallier l'absence de formation d'initiation présente. Je ne devrais pas dire ça, si vous voulez la formation multimédias Internet.

La compréhension c'est par l'information, et le traitement c'est par une meilleure formation des médecin sous forme de formation continue.

Il y a le volet médecins mais c'est toujours pareil en faisant des formations adaptées à nos patients, pas forcément des formations hospitalo-universitaires, mais des formations adaptées à ce que nous rencontrons, ce qu'on appelle une somatisation, je crois de ce côté là il y a une grosse formation à faire auprès des médecins en cabinet, expliquer entre guillemets quand est-ce qu'il faut placer le diagnostic.

Tout d’abord est-ce qu'on aborde les questions d'un côté chimique, ou est-ce qu'on les aborde d'un côté, on va dire psychique et c'est une pathologie qui est pour ça passionnante parce qu'on se rend compte qu'on est là tout à fait aux frontières et que à quel moment un thérapeute a une action thérapeutique et quelle est l'action thérapeutique exacte des médicaments, et là je crois que c'est un vaste panier de crabes et qu'il y a des tas de choses qui seraient intéressantes certainement d'étudier, certainement de nous aider à comprendre, je crois que les neurobiologistes ont,  plus ça va plus ils avancent, ils sont perturbés dans la compréhension de ce type de phénomènes et c'est vrai que moi là dessus j'aimerais quelque part comprendre un peu mieux.

  SOUHAIT : CONTACTS ET ECHANGES AVEC LES PSYCHIATRES

La compréhension je dirais c'est un petit peu ce que je disais, c'est un petit peu en fonction du type de la dépression, des types des dépressions, réactionnelles ou autres qui permet d'ajuster le traitement qui lui n'est pas forcément médical, je veux dire médicamenteux, purement médicamenteux, qui peut être, ça peut être une prise en charge plus globale à titre de psychothérapie, des choses comme ça. Donc améliorer la compréhension c'est ça, c'est ce que je disais, la prise en charge, je dirais, disons la psychothérapie avec l'aide par exemple de spécialistes.

Avoir des contacts avec des psychiatres de ville disponibles, qui puissent prendre en charge rapidement des patients quand c'est vraiment urgent et qui renvoient le patient parce que ça c'est aussi un problème souvent les psychiatres ne renvoient pas le patient, une fois qu'ils les ont pris en charge, on a plus tellement de contacts après.

  DEPRESSION CHEZ LA PERSONNE  AGEE ET LES ADOLESCENTS

Il me semble aussi qu'il y a un sujet qui est la dépression chez la personne âgée qui me tient à cœur, je travaille dans une maison de gériatrie et souvent les états confusionnels de type démence, il y en a une récupération parfois spectaculaire et d'autres non.  Je crois que cette partie là chez la personne âgée est assez méconnue à mon avis, ça c'est pour les médecins. 

Des traitements par contre pour traiter les dépressions de l'adolescent et de l'enfant , on aimerait bien, ça, ça dépend plus du ministère que d'autre chose, mais c'est vrai que je trouve que c'est un domaine dans lequel on est complètement barré.

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