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sur la dépression
 
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I. Définition des mots : dépression, dépressif, et antidépresseurs

 

EVOCATION DU MOT DEPRESSION

Dépression c'est la maladie, dépressif c'est le malade .

La dépression est une maladie à part entière.                          

La dépression c'est une pathologie, c'est une maladie, s'il faut la définir, pour moi avant tout c'est d'abord une entité, une entité nosologique bien définie, qui a ses critères, ses symptômes, J'allais dire, on ne peut pas passer à côté quand même, si on est attentif.

La dépression c'est une maladie, ce n'est pas seulement un état, c'est une maladie à part entière.

La dépression ça évoque des symptômes de la dépression.

Je vais vous décevoir ça va être dépourvu de toute poésie, une dépression c'est un trouble de l'humeur, de douleurs.

C'est relativement simple, à mon sens le mot dépression est un mauvais mot parce qu'il recouvre des pathologies avec des degrés extrêmement divers, des syndromes dépressifs peu importants à des syndromes dépressifs plus importants jusqu'à des dépressions avérées. Donc selon comment on prend syndromes dépressifs et dépressions, aujourd'hui on sait qu'en France on a entre 12 et 17% qui est touché par le sujet. Donc le mot dépression en lui-même est un peu vague.

C'est un phénomène que je qualifierai pratiquement de biologique, une surcharge des neurotransmetteurs responsables du contrôle émotionnel avec cliniquement et c'est quand même plus vaste à définir, globalement une sorte de réduction de toutes les fonctions de relations de l'individu, réduction ou altération, globalement comme ça, par téléphone je ne peux vous en dire vraiment beaucoup plus parce que autrement on est encore là dans une heure.

La dépression c’est une maladie bien étiquetée c’est à dire bien définie qui répond à des critères bien précis.

C’est un ensemble de symptômes présentés par une personne et après on est dans le vague le plus total, c'est la seule chose que l'on sache de la dépression, tout le reste on en sait rien. Avant d être rentré en communication réelle avec la personne, on ne sait pas si c'est quelque chose qui va nécessiter une hospitalisation en urgence, quelque chose qui va nécessiter un petit accompagnement amical tous les trois mois, voyez la dépression c'est ça, c'est un ensemble de symptômes présentés par une personne, on ne sait rien d'autre, il faut tout laisser ouvert.

Donc dépression ce critère CIM10 est désicionnaire des résultats des consultations en médecine générale avec impérativement auto dévalorisation, risques suicidaires, ça ce sont les signes de la dépression.

 

EVOCATION DU MOT DEPRESSIF

 

Je me base surtout sur les troubles du sommeil, troubles de l'humeur, anxiété et perte de confiance en soi, voilà.

La définition de la dépression, disons une façon négative de voir la réalité, je ne sais pas si ce sont des banalités, mais c’est comme ça que je vois le dépressif.

Le dépressif c'est tout le monde et n'importe qui peut avoir une dépression.

Pour le patient une petite déprime c'est passager, c'est bénin, ce n'est pas une maladie psychiatrique, ils ne sont pas fous, alors que dépression c'est égale folie, psychiatre, psychiatrie, ce n'est plus du tout pareil, c'est comme les gens qui veulent aller voir un psychologue quand on leur dit que c'est un psychiatre, oh là!!

Souvent un patient qui vient me voir et qui me dit : "je suis déprimé, ça va pas bien, etc", il le dit lui-même, dire qu'il est entré en dépression, c'est, en général ce n'est pas tellement ce qu'il dit. Je pense que le mot dépression n'a pas la même signification qu'être déprimé. Déprimé  on a l'impression, les gens disent : "j'ai une petite déprime", "je fais une petite dépression", ça ils le disent, mais on sent que ce mot dépression leur fait très peur.

Le dépressif c'est la patient qui est atteint d’une dépression.

Dépressif là ça renvoie plus à l'humeur dépressive qui est plus une tristesse généralisée qu'une dépression caractérisée. Le mot dépressif pour moi renvoie plus à un terme populaire qu'à une définition médicale.

Dépressif c’est un état qui est presque dans le langage courant, c’est un mot à tendance, ce n’est pas encore un mot bien défini c’est plutôt un état subjectif de quelqu’un.

Dépressions et dépressifs c'est à peu près la même chose pour moi, je ne vois pas tellement la différence entre les deux, voilà.

J'englobe le mot dépression et dépressifs parce que nous on travaille plus sur la personne que sur le concept. Je dirais globalement altération de l'humeur, les grandes lignes, oui, altération de l'humeur de la personne.

Les dépressifs, ce sont des chiants, c'est un problème difficile. Toujours c’est un patient « chiant », ce n'est pas quelqu'un qui n'a  pas de bonnes intentions, c'est quelqu'un qui vient qui est demandeur, ce n'est pas toujours dit franchement. Un médecin de famille en campagne, de plus en Bretagne, c'est du gâteau comparé aux citadins, c'est du gâteau, c'est quand même des gens qu'on connaît, on les connaît quand même, on a quand même un rapidité dans l'approche qui n'a rien à voir avec la médecine citadine. On les connaît quand même bien, on se croise dans le village, on connaît les gens, on connaît leurs histoires, il y a des bruits de voisinage, le travail est quand même pré mâché.

Je dirais globalement troubles du sommeil, éventuelles somatisations, diminution des relations aussi bien sexuelles, relationnelles au sens strict du terme, émotivité  prouvée et bien sûr encore la grande peur des prescripteurs qui existe encore maintenant les tendances suicidaires.

Dépressif c'est la personne, pour moi c'est la personne qui est dépressive, le personnage c'est le patient qui est atteint d'une dépression tout bêtement.

Au sens médical du terme, j'aurais dit tristesse, au sens dépression c'est tristesse, mal de vivre, perte de l'envie de vivre et les pleurs, l'absence de projets, de projection sur l'avenir et également une maladie très fréquente, globalement.

Ce n'est pas un diagnostic allant de soi, c'est vrai que quand on sait le principal problème c'est de le faire passer parce que quand on a affaire à des dépressions majeures les choses ne sont pas évidentes pour le patient, lui mettre le tee-shirt  de dépressif, c'est lui mettre une étiquette honteuse et donc ce n'est pas facile de lui faire enfiler. Il préfère être anxieux et bouffer pendant trente ans du Temesta plutôt que d'être dépressif pendant six ou neuf mois parce que ce n'est pas honteux. Il faut qu'on fasse bien attention à ça, pour moi c'est le gros problème du dépressif. 

Ensuite, le dépressif, ça m'évoque une situation avant toute chose, la situation d'une personne, un jeune ou un adulte, en tout cas d'une personne qui est mal dans sa peau et qui a une attitude particulière, un langage particulier et elle est mal dans sa peau et ça se voit tout de suite.

Une dépression ça correspond généralement à quelques symptômes chez mes patients, inhibition, anxiété, dangerosité et tristesse, c'est relativement classique, c'est toujours la définition classique des pôles des états dépressifs.

Alors le dépressif c'est effectivement le patient ou la patiente atteints d'un état dépressif qui peut être à priori, un état dépressif, il peut être soit réactionnel à une situation de conflit, de situation professionnelle, familiale, ça peut être un plus constitutionnel, troubles de la personnalité, c'est à dire souvent des troubles plus sérieux qui peuvent être mêlés à des concepts psychiatriques, parfois suicidaires.

Ce sont des gens tristes, une perte d'envie de vivre.

C’est très variable,  il y a le mot tristesse qui me vient évidemment à la tête, bon c'est comme ça, quelque chose qui dure avec des troubles du sommeil.

C'est d'abord une personne, il y a une notion de chronicité, c'est quelque chose de tellement vague que à chaque fois qu'il y a un mot qui me vient je m'arrête parce que je me dis non, ce n'est pas…, c'est très vague en fait, c'est quelque chose d'extrêmement vague et ça couvre à la fois des pathologies, des tas de choses. C'est un mot fourre tout, c'est n'importe quoi et son contraire.

Déjà ça m'évoque des problèmes que je peux rencontrer dans mon travail, personnellement je trouve que ça ne veut pas dire grand chose, sauf peut-être de temps en temps des périodes de lassitude, on est comme un petit peu inhibé pour faire telle ou telle chose, ce sont les mots clés pour certains dans la dépression en fait, ce n'est pas tellement inhibition. Comment vous dire ce que m'évoque dépression, je vois gâchis, je vois manque d'énergie, je vois énergie perdue, je vois caractère, troubles du caractère, je vois faiblesse de caractère, je vois tristesse, tout ce qui a pu se dire ou s'écrire à peu près sur ce sujet depuis quelques années.

C'est souvent la fatigue chez les personnes, un patient fatigué est souvent un patient dépressif qui s'ignore.

 

EVOCATION DU MOT ANTIDEPRESSEUR

 

L'antidépresseur c'est un médicament chimique, qui permet d'améliorer la vision de la réalité.

L’antidépresseur c’est tout simplement pour lutter contre la dépression.

Le mot antidépresseur j'associerai ça à médicament déjà et à une thérapeutique médicamenteuse pour essayer de soigner la dépression.

L'évocation du mot antidépresseurs, c'est clair, c'est réputation effets secondaires jusqu'à une période relativement récente, utilisation extrêmement « constipée » jusqu'à il y a quelques années par les médecins, ce qui explique probablement la consommation inouïe d'anxiolytiques dans ce pays, donc pour moi une prescription qui est peut-être un peu plus rapide qu'autrefois.

Antidépresseurs, je dirais produits qui peuvent aider à s'en sortir.

Antidépresseur c’est le traitement de la dépression.

Antidépresseur c'est un traitement utile dans la plupart des cas de dépressions mais qui ne résume pas la prise en charge du patient dépressif, mais c'est souvent un traitement qui est indispensable dans la majorité des cas de dépressions mais qui ne résout pas à lui seul le traitement.

Les antidépresseurs ce sont des médicaments qui soignent la dépression.

Antidépresseurs ce sont donc les médicaments qui nous servent à traiter finalement la dépression mais pas que ça, ça nous sert aussi à traiter les attaques de panique, également les états douloureux parfois, douloureux chroniques

DSM4, je crois que maintenant on classifie un peu les dépressions selon ce mode de classement.

Les antidépresseurs ça évoque les tricycliques, voilà pour donner des grandes têtes de chapitre.

Et quand on parle de dépression pour soigner jusqu'aux antidépresseurs, on soigne ça par des cures de Lodanum, j'ai lu ça il n'y a pas très longtemps, c'est étonnant, bon, en fait à l'opium, la teinture d'opium pendant des mois à l'opium puis petit à petit…, mélancolie, spleen, Baudelaire…!

Antidépresseurs, molécules chimiques, voilà, qui n'existent pas, puisque en fait on ne peut pas dire qu’une molécule est un antidépresseur, c'est une propriété, une des propriétés d'une molécules chimiques et qui peut en avoir d'autres.

Antidépresseurs, les tricylciques, les sérotoninergiques.

 

Antidépresseur, traitement de référence dans toutes les dépressions en fait, c'est à dire qu'il y a eu des études qui ont montré que quelle que soit la thérapie qu'on donne, la thérapie est meilleure quand on associe un antidépresseur.

Les antidépresseurs ce sont des médicaments qui luttent contre la dépression et qui ont des critères de prescription bien définis également, ce ne sont pas des produits qu’on donne comme ça, ce ne sont pas des placebos.

Un antidépresseur n'est pas curatif au sens d'action biochimique du médicament, il participe au traitement parce que quelqu'un qui souffre qui est mal dans sa peau, il arrivera pas à avoir les idées claires, à s'en sortir, l'antidépresseur participe au traitement parce que si la personne a moins mal, est mieux moralement, elle fera plus d'efforts pour modifier dans sa vie, de changer dans sa vie pour arranger des choses, mais ce n'est pas l'effet biochimique du médicament qui traite la dépression.

Ce qui est intéressant aussi c'est qu'ils ont des actions dans l'anxiété chronique, on ne va pas se battre sur la dénomination, les définitions exactes, les DSM4, la définition que font les américains des moindres symptômes, à la limite le gars qui a peur, quand il y a des agoraphobies et puis il va y avoir le gars qui va avoir peur du timbre poste,  donc ils se caractérisent trop à mon avis, trop d'hypers divisions des choses.. Moi je suis d'une génération où finalement on divisait en névroses et psychoses, je veux bien que ces termes ne soient plus guère employés, mais en France entre médecins on se comprend quand on parle de l'une ou l'autre.

La question des antidépresseurs, l'antidépresseur, ce sont des médicaments qui sont indispensables, je ne mets pas ça en cause, je dis simplement que bien souvent ils permettent de gérer une crise tout en sachant que le fond du problème doit être géré, ce problème c'est souvent une structure psychologique fragile et perturbée qui doit être recadrée par un travail de thérapie. Donc l'antidépresseur aide à gérer le conjonctural,  il faut aussi gérer la structure.

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